Deux systèmes figurent sur les emballages ou circulent dans les applications de scan, et on les additionne volontiers comme s'ils disaient la même chose. Ils répondent en réalité à deux questions distinctes, et c'est précisément pour cela qu'ils se contredisent parfois.
Ce que note le Nutri-Score
La lettre résume la composition pour cent grammes de produit. Le calcul retranche des points pour l'énergie, les sucres, les acides gras saturés et le sel, et en accorde pour les fibres, les protéines et la part de fruits, légumes, légumineuses et fruits à coque. Le résultat est une note relative, qui permet de comparer deux produits d'une même famille : deux céréales du petit-déjeuner entre elles, deux plats préparés entre eux. Comparer une huile et un yaourt n'a en revanche guère de sens, puisque leur rôle dans un repas n'est pas le même.
Ce que classe NOVA
Cette classification ne regarde pas la composition mais le degré de transformation. Elle distingue les aliments bruts ou peu transformés, les ingrédients culinaires comme l'huile ou le sel, les aliments transformés selon des procédés anciens, et enfin les préparations dites ultra-transformées, reconnaissables à la présence d'ingrédients qu'on ne trouve pas dans une cuisine : agents de texture, arômes, colorants, protéines isolées.
Pourquoi ils divergent
Un produit allégé peut afficher une bonne lettre parce qu'il contient peu de sucre, de gras et de sel, tout en étant construit à partir d'ingrédients reconstitués : il sera bien noté par le premier système et rangé au dernier rang par le second. À l'inverse, une huile d'olive, aliment brut par excellence, obtient une lettre moyenne à cause de sa densité énergétique. Aucun des deux ne se trompe : ils ne mesurent simplement pas la même chose.
Ce que ni l'un ni l'autre ne dit
La quantité réellement consommée. Une note pour cent grammes ne renseigne pas sur une portion, et un produit bien classé mangé en grande quantité reste une grande quantité. Le Nutri-Score ignore par ailleurs les additifs, et NOVA ne dit rien du sel ou du sucre présents. Les deux systèmes sont des repères de comparaison, pas des verdicts sur un aliment isolé, et l'affichage du premier reste volontaire en France.
L'usage raisonnable
Les lire ensemble, sur des produits comparables, et se rappeler qu'un repas se juge sur son ensemble plutôt que sur une étiquette. Ces repères complètent les fiches pratiques rassemblées sur notre page d'accueil et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé pour une situation particulière.









