Le Nutri-Score et NOVA ne mesurent pas la même chose : le premier note la composition nutritionnelle d'un produit, le second classe son degré de transformation industrielle. Un aliment peut donc être bien noté par l'un et rangé parmi les ultra-transformés par l'autre, sans que l'un des deux se trompe. Deux systèmes figurent sur les emballages ou circulent dans les applications de scan, et on les additionne volontiers comme s'ils disaient la même chose ; c'est précisément parce qu'ils répondent à deux questions distinctes qu'ils se contredisent parfois.
Ce que note le Nutri-Score
La lettre résume la composition pour cent grammes de produit. Le calcul retranche des points pour l'énergie, les sucres, les acides gras saturés et le sel, et en accorde pour les fibres, les protéines et la part de fruits, légumes, légumineuses et fruits à coque. Le résultat est une note relative, qui permet de comparer deux produits d'une même famille : deux céréales du petit-déjeuner entre elles, deux plats préparés entre eux. Comparer une huile et un yaourt n'a en revanche guère de sens, puisque leur rôle dans un repas n'est pas le même.
Un calcul révisé en France depuis 2025
L'algorithme a été revu par le comité scientifique européen du logo. Santé publique France indique que la nouvelle version s'applique en France depuis le 16 mars 2025, et que les fabricants disposent de 2 ans pour la reporter sur leurs emballages : pendant cette transition, deux produits voisins en rayon peuvent donc afficher une lettre calculée selon des règles différentes. Les industriels qui ont déjà adopté la nouvelle version peuvent le signaler par un encadré « nouveau calcul », sans obligation.
Les changements vont dans le sens d'une meilleure cohérence avec les repères alimentaires : les produits salés et sucrés sont notés plus sévèrement, les boissons édulcorées ne peuvent plus obtenir une bonne lettre, les féculents complets se distinguent mieux des raffinés, et certains poissons gras riches en oméga 3 remontent. Les huiles pauvres en acides gras saturés gagnent elles aussi une lettre.
Ce que classe NOVA
Cette classification ne regarde pas la composition mais le degré de transformation. Elle distingue les aliments bruts ou peu transformés, les ingrédients culinaires comme l'huile ou le sel, les aliments transformés selon des procédés anciens, et enfin les préparations dites ultra-transformées, reconnaissables à la présence d'ingrédients qu'on ne trouve pas dans une cuisine : agents de texture, arômes, colorants, protéines isolées. NOVA n'est pas un logo officiel : on la rencontre surtout dans les applications de scan et les travaux de recherche, pas sur l'emballage.
Les deux systèmes côte à côte
| Critère | Nutri-Score | NOVA |
|---|---|---|
| Question posée | Quelle est la qualité nutritionnelle de la recette ? | À quel point l'aliment a-t-il été transformé ? |
| Ce qui est regardé | Énergie, sucres, graisses saturées, sel, fibres, protéines, fruits et légumes | Procédés de fabrication et nature des ingrédients |
| Forme | Lettre de A à E sur cinq couleurs | Groupe, du brut à l'ultra-transformé |
| Où le trouver | Sur l'emballage, quand le fabricant l'a choisi | Dans les applications et les études |
| Angle mort | Additifs et procédés | Sel, sucre et graisses |
Pourquoi ils divergent
Un produit allégé peut afficher une bonne lettre parce qu'il contient peu de sucre, de gras et de sel, tout en étant construit à partir d'ingrédients reconstitués : il sera bien noté par le premier système et rangé au dernier rang par le second. L'inverse existe aussi, même si le nouveau calcul l'a atténué pour l'huile d'olive : aliment brut par excellence, elle était autrefois classée C à cause de sa densité énergétique, et elle obtient désormais B, comme les huiles de colza et de noix. Aucun des deux ne se trompe : ils ne mesurent simplement pas la même chose.
Ce que ni l'un ni l'autre ne dit
La quantité réellement consommée. Une note pour cent grammes ne renseigne pas sur une portion, et un produit bien classé mangé en grande quantité reste une grande quantité. Le Nutri-Score ignore par ailleurs les additifs, et NOVA ne dit rien du sel ou du sucre présents. Les deux systèmes sont des repères de comparaison, pas des verdicts sur un aliment isolé, et l'affichage du premier reste volontaire en France : il repose sur l'engagement de chaque producteur.
L'usage raisonnable
Les lire ensemble, sur des produits comparables, et se rappeler qu'un repas se juge sur son ensemble plutôt que sur une étiquette. Pour vérifier ce que vous avez retenu, notre quiz pour tester vos connaissances en nutrition reprend ces notions. Ces repères complètent les fiches pratiques rassemblées sur notre page d'accueil et ne remplacent pas l'avis d'un professionnel de santé pour une situation particulière.












