Avec une rectocolite hémorragique, la banane bien mûre fait partie des fruits souvent bien tolérés, même en période de poussée : sa chair douce contient peu de fibres irritantes. La tolérance reste toutefois personnelle, et l'alimentation se règle avec le gastro-entérologue et un diététicien.
La rectocolite en bref
La rectocolite hémorragique est une maladie inflammatoire chronique de l'intestin, qui alterne poussées et rémissions. Son suivi relève d'un gastro-entérologue.
Elle touche le rectum et peut s'étendre au côlon, alors que la maladie de Crohn, l'autre grande maladie inflammatoire chronique de l'intestin, peut atteindre tout le tube digestif. L'alimentation ne cause pas la maladie et ne la guérit pas, mais elle aide à mieux vivre les poussées et à éviter les carences.
Et la banane ?
Bien mûre, douce et pauvre en fibres irritantes, elle est souvent bien tolérée, y compris en période de poussée.
Ses fibres sont surtout solubles : elles forment un gel doux dans l'intestin plutôt que de l'irriter. Elle apporte du potassium, un minéral que les diarrhées font perdre, et de l'énergie sous un petit volume. Une banane encore verte est plus ferme et plus difficile à digérer : on la choisit tachetée, bien mûre.
Pendant une poussée
On réduit souvent les fibres insolubles, les crudités et les aliments très épicés, selon les conseils du médecin.
Le médecin peut proposer pour un temps une alimentation pauvre en résidus : légumes cuits et épluchés, fruits cuits ou très mûrs, féculents raffinés, viandes et poissons tendres. Ce régime n'a pas vocation à durer au-delà de la poussée, car il appauvrit l'alimentation. Des repas plus petits et plus fréquents sont souvent mieux supportés que trois gros repas.
En rémission
On revient à une alimentation variée, en réintroduisant les aliments un par un.
Réintroduire un aliment à la fois, en petite quantité, permet de savoir lequel pose problème. Les légumes et les fruits reviennent d'abord cuits, puis crus si la tolérance est bonne. Une alimentation diversifiée reste l'objectif, pour couvrir les besoins en vitamines, en fer et en calcium.
Pas de régime unique
La tolérance varie beaucoup d'une personne à l'autre : un carnet alimentaire aide à repérer ce qui gêne.
On y note les repas, les symptômes et leur moment, sur plusieurs semaines : ce relevé aide le médecin et le diététicien bien plus qu'un souvenir approximatif. Les régimes d'exclusion trouvés sur internet, appliqués sans avis médical, risquent d'entraîner des carences sans bénéfice prouvé.
La constipation aussi
Chez la personne âgée constipée, d'autres conseils s'appliquent : voir notre page d'accueil.
Bien s'hydrater
Les diarrhées font perdre de l'eau et des sels minéraux.
On boit régulièrement par petites quantités : eau, bouillons de légumes salés, tisanes. Une fièvre, des selles très fréquentes ou une grande fatigue imposent de contacter rapidement le médecin, sans attendre la prochaine consultation.
Se faire accompagner
Un diététicien, en lien avec le gastro-entérologue, adapte l'alimentation à chaque phase.
L'association afa Crohn RCH France informe les malades et leurs proches et propose des rencontres entre patients. Pour des idées de repas simples, les conseils pratiques pour mieux manger au quotidien donnent des pistes à adapter avec le diététicien, et la place de la banane, fruit ou féculent, y est détaillée.















